Le plafond de verre : un frein au développement des femmes entrepreneures

Dans ma pratique de consultante business et branding auprès des femmes entrepreneures, j’observe régulièrement un frein principal au développement de leur activité : le plafond de verre.
Invisible et bien en place, il est difficile de le briser sans prise de conscience et travail stratégique.

Parmi les femmes qui se sont lancées à leur compte ou qui sont free-lance, il y a deux attitudes possibles face à l’argent et au développement financier. Certaines affirment leur ambition sans rougir tandis que les autres évitent le sujet et veulent « juste » gagner de quoi payer les factures et les dépenses courantes. On pourrait croire que les premières s’en sortent mieux que les secondes. Pas forcément. C’est tout le paradoxe du plafond de verre. Cette expression désigne les freins invisibles qui empêchent les femmes de progresser dans leur carrière et, par extension, et de développer leur entreprise.

Qu’est-ce que le plafond de verre ?

Figurez-vous que même chez les chefs d’entreprise, il existe un écart de rémunération de 31%, entre les hommes et les femmes(1).

Ce plafond se manifeste de plusieurs façons possibles : avez-vous remarqué une somme d’argent maximum au-delà de laquelle vous n’arrivez pas à progresser ? Il peut s’agir d’un montant d’honoraires maximum, d’un nombre de clients maximum que vous pouvez recevoir chaque année, d’un CA mensuel ou annuel que vous n’arrivez pas à dépasser.

Chaque femme chef d’entreprise en a un et, lorsqu’elle l’atteint, fera tout, consciemment ou inconsciemment, pour rester collée à cette limite.

De mon expérience et de ce que j’ai pu observer avec mes clientes, la plupart des femmes rencontrent des difficultés dans leur relation avec l’argent. Elles veulent plus d’argent pour faire les choses qui leur sont importantes, comme développer leur entreprise, envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles, profiter des vacances en famille, se faire plaisir, mais elles se retrouvent souvent bloquées sur la façon de générer ces revenus.

Les femmes sont aussi parfois mal à l’aise pour parler d’argent. Cela provient de différents facteurs comme l’éducation reçue, l’entourage familial et la culture autour de l’argent. En France, notamment, parler d’argent est tabou. Ce n’est pas le même modèle dans d’autres pays. Il y a donc une influence familiale, éducative et culturelle.
Par exemple les femmes entrepreneures peuvent ressentir une hésitation ou une difficulté pour proposer leurs services et conclure une vente. Elles peuvent aussi s’excuser pour leurs tarifs ou sur-délivrent leurs services par crainte d’être « trop chères ».

A combien s’élève votre plafond de verre ?

Commencez par identifier le montant de votre plafond.
Quel montant maximum vous imaginez-vous gagner ?

  • Tous les mois
  • Tous les ans
  • En un jour
  • En un contrat

Ce montant est votre plafond de verre. Réjouissez-vous, vous venez d’en prendre conscience, il va donc pouvoir être détruit !
Si vous vous êtes lancée il y a peu et que vous étiez salariée auparavant, il y a de fortes chances pour que votre ancien salaire soit votre plafond de verre actuel.

Comment briser votre plafond de verre financier ?

Il va falloir vous entraîner. Le plafond s’étire comme un muscle ou se brise d’un coup, mais à condition d’être préparée. Sinon gare au claquage.

En effet, la perspective d’aller au delà de ce montant maximum déclenche une série d’émotions inconfortables comme des peurs irrationnelles ou des croyances limitantes : un contrôle fiscal, devoir travailler plus, ne pas en être capable, gagner plus que son compagnon…

Identifiez donc les émotions et croyances associées au fait de gagner plus de revenus.
Si votre CA doublait ce mois-ci, que ressentiriez-vous ? Que vous diriez-vous ?
Imaginez que vos revenus annuels doublent, que vous ayez 3 nouveaux contrats ce mois-ci, comment réagiriez-vous ?

L’entraînement au dépassement du plafond de verre va devoir porter sur deux aspects : la valeur personnelle et l’état d’esprit.
L’estime de soi et la valeur personnelle sont le socle d’une relation à l’argent pacifiée. En effet, comment arriver à avoir plus de clients ou augmenter ses tarifs et le nombre de contrats signés si la valeur que l’on s’accorde et faible et que l’estime de soi est défaillante.
Il est donc primordial de commencer par vous valoriser vous-même et de reconnaître les talents et compétences que vous possédez ainsi que la valeur des bénéfices que vous apportez au travers de vos services ou vos produits.
Un état d’esprit ouvert à l’abondance et aux possibilités est ensuite essentiel pour manifester concrètement les opportunités en revenus sonnants et trébuchants.

Ici, pas de place pour les croyances limitantes et autres attitudes d’auto-sabotage. Vous avez besoin de nouvelles perspectives pour voir ce qui est possible et rester concentrée sur l’objectif que vous voulez atteindre, quel que soit l’endroit d’où vous partez.

Et maintenant… action !

Mais rien de tout cela ne sera possible sans un passage à l’action. Toutes les théories et explications auront beau être utiles, sans nouveau comportement associé, vos résultats resteront en-dessous du plafond identifié – L’argent est une des voies les plus exigeantes de développement personnel et spirituel selon moi (je risque de ne pas me faire que des amis en écrivant cela, j’en suis consciente !).

Voici ce que je vous propose pour commencer à court-circuiter cela, ce que je vais vous dire risque de vous paraître trop simple, voire non pertinent… Et bien dès que vous aurez terminé la lecture de cet article, augmentez tout simplement vos tarifs pour tous vos futurs clients.

C’est tout. C’est aussi simple que ça. Seule l’action compte.

Je ne peux pas vous dire de combien vous les augmentez, c’est vous qui allez décider. Ça dépend de si vous facturez encore à l’heure, au forfait, de votre niveau de prix. Mais même si vous facturez encore à l’heure et que vous augmentez de 5€ seulement, si vous avez 10 clients par semaine, cela vous fait 200€ de plus à la fin du mois.
Si vous êtes au forfait, ajoutez 20% à vos tarifs actuels (ce pourcentage n’est pas pris au hasard, il s’agirait de la différence moyenne de tarifs entre les hommes et les femmes).

Après avoir découvert cette proposition concrète, comment vous sentez-vous ? Comment cela résonne en vous ? Quelles émotions arrivent en vous ? Essayez juste. Testez. Expérimentez. Et revenez partager combien de revenus supplémentaires vous aurez engrangés !

Pour aller plus loin

(Re)découvrez les conférences de la Journée des Femmes entrepreneures du Salon SME 2017 :

 

(1) https://www.insee.fr/fr/statistiques/1288050

 

A propos de l’auteur

Marjorie Llombart est fondatrice de Dessine-moi une Carrière et experte en reconversion professionnelle et entreprenariat au féminin.
Elle est également consultante business & branding et stratège intuitive auprès des femmes entrepreneures.
Spécialiste de la relation à l’argent, elle aide les femmes à vivre du job qui les fait vibrer et à doubler leur CA grâce à une approche originale qui combine stratégie et intuition.

 


Commentaires

  1. bonjour Marjorie

    Le plafond de verre, telle que vous le décrivez on peut toutes et tous l’avoir lorsque l’on crée son entreprise.
    Au début, on va mettre des tarifs bas, par manque de légitimité ressenti.
    On pense qu’en mettant ses tarifs bas, on va attirer du monde, alors qu’en les mettant haut, on va se confronter à des refus, beaucoup de refus.

    Et avec le temps on apprend à gérer ça, et augmenter ses tarifs. (bien qu’il est plus difficile d’augmenter ses tarifs à un client déjà existant … peu de clients le comprennent, surtout en augmentant de 20% d’un seul coup …)

    Attention, je n’enlève en rien le plafond de verre que vous vivez, vous les femmes.

    C’est sûr il faut passer à l’action ! En augmentant ses tarifs, on va se heurter à nos peurs : refus des clients, moins de clients …
    Il faut alors redéfinir la valeur de son travail. Que vaut réellement le travail que je fais ? (que je sois une femme ou un homme).

    En redéfinissant bien pourquoi nous travaillons, et passons du temps pour nos clients, on va petit à petit se sentir plus légitime devant nos clients.

    AU plaisir
    Evan

  2. Bonjour Marjorie,
    Je dois avouer que je ne m’étais jamais posé cette question du plafond de verre avant de lire votre article. Ce que je comprends, c’est que faire sauter ce plafond de verre est censé permettre à certaines femmes de se sentir plus épanouies en accédant à certaines choses désirées (“développer leur entreprise, envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles, profiter des vacances en famille, se faire plaisir” comme vous le citez).

    Je suis un peu perplexe face à ça. D’abord parce que je ne me suis moi-même pas encore heurtée à ce plafond de verre. Ensuite, parce que je me demande dans quelle mesure on devrait effectivement chercher à faire sauter ce plafond de verre.

    1) La première chose à laquelle je pense est le cas d’une demande de salaire. On peut se contenter d’un salaire moins élevé que le maximum qu’on pourrait avoir, parce qu’on ne ressent pas le besoin de plus, parce qu’il suffit déjà bien, et/ou parce qu’il est compensé par d’autres choses.

    Par exemple, me concernant, pour mon premier job, je m’étais donné le chiffre minimum que je voulais avoir annuellement. J’avais imaginé un bas de la fourchette et un haut de la fourchette, basé sur la valeur que je percevais de mon travail, sur les salaires qui se pratiquaient dans mon secteur, et sur la moyenne des salaires perçus en sortie de mon école.

    J’ai finalement accepté un boulot qui me proposait le bas de la fourchette. Mais je n’ai pas hésité une seconde. D’abord parce que ce salaire était déjà suffisant pour vivre correctement à Paris. Ensuite, car à mes yeux, il y avait des choses tout aussi importantes que le salaire :
    partager les valeurs de l’équipe, pour ne pas revivre le conflit interne que j’avais vécu lors de mon expérience précédente
    avoir une liberté de prise d’initiative dans mon travail
    une bonne entente avec mes collègues
    un poste qui me permettait de continuer à grandir

    Au bout de six mois, j’ai même eu la chance d’accéder à ce qui avait énormément de valeur pour moi à l’époque : fonctionner en entreprise libérée (plus de manager) et en télétravail total (j’ai travaillé depuis chez moi pendant cinq mois).

    Je préférais avoir ces choses-là plutôt qu’un salaire plus élevé.

    2) La deuxième chose à laquelle je pense est le fait que des études ont montré que, passé un certain seuil, une différence de salaire ne changeait rien à la satisfaction de celui qui le perçoit. Notamment parce qu’on a tendance à ajuster son niveau de vie à son niveau de salaire. Je crois donc que la course à un salaire toujours plus élevé ne fait pas sens pour tout le monde.

    3) La troisième chose à laquelle je pense est la culture montante du minimalisme. Personnellement, je m’intéresse beaucoup aux digital nomads (dont je parle dans mon blog LesNouveauxTravailleurs.fr). Ces personnes qui voyagent et travaillent en ligne pour subvenir à leurs besoins ont une culture du minimalisme : posséder moins pour avoir une plus grande liberté de mouvement. Ou bien vivre dans un pays qui coûte moins cher et se permettre de gagner moins d’argent tout en vivant très bien (mais c’est un choix à par entière d’aller habiter là-bas, par passion du voyage très souvent). Je me demande dans quelle mesure ces personnes-là se posent la question du plafond de verre.

    Pour résumer, je ne crois pas que tout le monde ait envie de briser ce plafond de verre car on peut ne pas en ressentir le besoin. Je pense que certaines personnes plutôt matérialistes peuvent commencer par s’intéresser au minimalisme pour se reposer la question de ce qui est réellement important pour elles. En revanche, il existe très probablement des cas où ce plafond est effectivement un frein à l’épanouissement. Dans ce cas, je trouve ça bien que vous accompagniez ces femmes à le faire sauter 🙂

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