Storytelling – Venir à bout du syndrome « Il ne m’est rien arrivé d’intéressant » par Steves Hounkponou

Storytelling - Venir à bout du syndrome Si tu es comme la plupart des gens que j’ai accompagnés, tu penses peut-être qu’il ne t’est jamais rien arrivé de transcendant dans la vie. Tu penses que tu as une vie normale, routinière, en un mot « inintéressante ». Je te rassure, vous êtes des centaines dans ce cas, et jusqu’à présent, sur les 7 000 personnes que j’ai accompagnées, je n’ai jamais rencontré une seule personne qui n’avait pas vécu quelque chose qui mérite d’être raconté.

 

Parce que derrière le fameux « J’ai rien à raconter » se cache souvent un mal plus profond : le syndrome de l’effacement. Il se manifeste de mille façons : on se pense insignifiant, sans grand intérêt, pas légitime, pas assez. Trop timide. Trop normal. Trop « rien ». Souvent, ce blocage vient de ce que j’appelle l’effet Dave Mustaine.

 

L’effet Dave Mustaine

Dave Mustaine est le musicien qui a fondé Megadeth, le groupe de musique considéré comme le plus impactant de toute l’histoire du métal. Un style de musique unique, 38 millions d’albums vendus, des concerts devant des foules de plusieurs dizaines de milliers de fans en furie, plusieurs tournées mondiales. Bref, le rêve de tout musicien. Mais pas pour Dave. Dans une des rares interviews qu’il a donnée au cours de sa carrière, il explique qu’il se considère comme « un échec ». Une réaction un peu étrange quand tu vois son palmarès.

Le problème de Dave, c’est qu’il a commencé à faire ses premiers pas dans le monde de la musique avec un autre groupe. À cette époque, ils étaient jeunes, passionnés, passaient leurs journées à répéter dans des garages, à écumer les scènes de petits festivals et à rêver du grand saut. Puis un jour, alors qu’ils venaient de décrocher un contrat pour enregistrer leur premier album, les membres du groupe ont tendu un billet de bus retour à Dave. Il était viré du groupe. Sans préavis. Sans discussion. Juste un « Tu rentres chez toi. C’est fini. » Ce jour-là, dans le bus, Dave s’est fait une promesse : il allait faire regretter amèrement à ces musiciens le jour où ils l’avaient mis dehors. Il allait travailler tellement dur qu’ils s’en mordraient les doigts. Ils verraient son nom sur les magazines, l’entendraient à la radio, pendant qu’eux retourneraient répéter dans le sous-sol miteux de leurs parents. Avec 38 millions d’albums vendus, on peut penser que le plan a fonctionné. Sauf que le groupe en question dont s’est fait virer Dave n’est autre que Metallica, 180 millions d’albums vendus…

Donc, malgré les millions d’albums vendus, les tournées mondiales et les centaines de milliers de fans à travers le monde, Dave se considère comme un échec parce qu’il se compare à Metallica, un des rares groupes ayant vendu plus d’albums que Megadeth.

Cela semble ridicule, pourtant c’est ce que nous faisons tous. Nous nous comparons constamment. On compare notre couple, notre job, notre corps, notre créativité, notre réussite, notre influence. Même nos vacances. On compare tout. Un phénomène encore amplifié par les réseaux sociaux où on compare les coulisses de notre vie au « show time » de quelqu’un d’autre.

Ainsi, la personne qui vient de finir un marathon en six heures et devrait en être exceptionnellement fier, se met à se comparer au sportif qui vient de finir son marathon en dessous des quatre heures et qui planifie déjà de faire un triathlon le mois prochain. Celle qui a fait un trek autour du Mont-Blanc pendant sept jours, un exploit, se compare à Inoxtag qui, en partant de zéro, a monté l’Everest en une année. Et peut-être que lui-même se compare à Nims Dai, le Népalais internationalement connu qui, lui, a monté les quatorze plus hauts sommets du monde en quelques mois et en a fait un film Netflix.

Finalement, c’est un peu comme un tapis roulant qui avance de plus en plus vite. Plus on partage ses exploits, plus on avance dans l’escalade, et plus on se sent « stupide », « insignifiant », « petit ». À tel point que les moments où nous avons nous-mêmes fait preuve de courage, de résilience, de force, de bienveillance deviennent invisibles.

 

Repenser ses moments de bravoure

Pendant qu’on se juge, on efface les moments de bravoure qu’on a pourtant réellement vécus :

  • ce jour où tu as dit non alors que tout le monde attendait un oui
  • ce moment où tu as osé demander de l’aide
  • cette fois où tu as continué à avancer alors que tu étais à bout
  • ce matin où tu t’es levé alors que tu n’en avais plus la force.

Ces moments ont pourtant le pouvoir d’inspirer, d’aider et de guider d’autres personnes. Tout le monde a eu des actions héroïques et inspirantes. Pour t’en rendre compte, voyons ce qu’est la « normalité héroïque ».

On dit que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. C’est pareil pour les gens inspirants. Derrière chaque personne qui nous inspire, il y a souvent un héros de l’ombre. Elon Musk, par exemple, n’aurait probablement jamais réussi à lancer Zip2, puis PayPal, et plus tard Tesla, sans le soutien indéfectible de son frère, Kimbal Musk. Moins médiatisé, mais présent à chaque étape clé, Kimbal était là dès le début, codéveloppant leurs premiers projets, partageant les nuits blanches et les prises de risque financières. Quand Elon dormait sous son bureau pour économiser le moindre dollar, Kimbal n’était jamais très loin. C’est lui qui l’a épaulé lors des débuts chaotiques, dans les garages et les petits bureaux loués à la va-vite, loin de l’image glamour de la Silicon Valley qu’on nous vend aujourd’hui.

Nelson Mandela ne serait jamais monté sur le devant de la scène politique sans son mentor Walter Sisulu. Phil Knight n’aurait jamais créé Nike sans son entraîneur Bill Bowerman. Les héros sont partout et surtout dans l’ombre. Ma mère, une des plus grandes entrepreneures du Bénin, m’a toujours dit : « On ne peut pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu’un. » On a tous le pouvoir d’inspirer quelqu’un, de changer sa trajectoire. Peut-être pas tout le monde, mais quelques-uns sûrement. Nous avons tous vécu des choses difficiles, nous sommes tous parvenus à bout de certains obstacles, nous avons tous galéré pour quelque chose qui nous tenait à cœur.

Nous nous sommes tenus debout pour une cause qui nous semblait juste. Nous avons tous eu nos moments Rosa Parks, Mohammed Ali, Mahatma Gandhi ou Steve Jobs.

D’ailleurs, pense à la dernière fois que quelqu’un t’a vraiment inspiré. Il y a de fortes chances que ce soit quelqu’un proche de toi, plutôt qu’un énième influenceur adoubé par les médias. Prends les films qui t’ont le plus inspiré. Personnellement, j’ai été marqué par « À la poursuite du bonheur » avec Will Smith. Un papa au bout du rouleau qui vient de se faire larguer par sa femme et qui tente, par tous les moyens, de prendre soin de son fils et d’éviter de finir à la rue. C’est le genre d’histoire qui pourrait tous nous arriver. Ce ne sont pas seulement les grandes figures de notre siècle qui nous servent de repères et nous transportent le plus, ce sont aussi et surtout les personnes qui font face à des situations qu’on connait, avec bravoure, honneur, honnêteté. C’est ton collègue qui prend les devants et ose enfin dire à ton boss ce que tout le monde pense tout bas. C’est ce couple qui se bat pour avoir un enfant, ce parent qui doit jongler entre son boulot et s’occuper de sa fille qui a une maladie chronique.

La différence entre toi et les personnes qui t’inspirent et en inspirent des milliers d’autres, ce n’est pas forcément qu’elles ont vécu des choses que tu n’as jamais vécues. C’est qu’elles ont eu le courage d’exposer leur vérité, et qu’elles transmettent leur histoire de façon inspirante. Elles ont réussi à aligner leur storytelling à leur marché pour inspirer leurs clients.

 

 

Cet article est extrait du livre : Deviens visible : comment utiliser le storytelling pour faire décoller ton business ? de Steves Hounkponou, publié chez Vuibert.

Deviens-visible-Steves_Hounkponou

 

 

 

A propos de l’auteur :

Storyteller le plus influent de France, Steves Hounkponou est un accélérateur de visibilité et de business. Il accompagne les entrepreneurs, les salariés en quête d’un side business, les marques et les personnalités. Il est le fondateur de Visible(S), l’Académie des entrepreneurs à singularité, et l’hôte du podcast Deviens Visible.

 

 

 

Article publié en partenariat avec Vuibert.

 

 

 

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