Comment rendre la comparaison constructive pour entreprendre avec confiance ? Par Marine Perier
Nous évoluons dans un univers où les réseaux sociaux occupent une place importante. Ils peuvent nourrir des idées, ouvrir des perspectives, donner envie de faire évoluer notre activité. Ils peuvent aussi devenir un terrain de comparaison et de doutes permanents. Comment rendre la comparaison constructive pour entreprendre avec confiance ? Episode 2 du dossier « Comment créer un écosystème de confiance pour renforcer votre posture d’entrepreneur »
Le piège des réseaux sociaux
On ouvre LinkedIn, Insta ou autre “juste 2 minutes”, et en quelques scrolls on a déjà vu un entrepreneur annoncer un lancement réussi, une autre raconter comment son échec lui a tout appris, un troisième expliquer avec aplomb une stratégie qu’on aurait jamais pu imaginer…
À force, le doute s’installe et avec lui, un refrain bien connu :
- je ne fais pas assez,
- je n’avance pas assez,
- je ne suis pas assez structuré,
- je ne suis pas assez visible,
- je ne suis pas assez sereine…
Le piège, c’est que cette comparaison-là peut finir par figer, ralentir voire anéantir. Elle prend de l’énergie, brouille le regard, déforme l’analyse et nous fait perdre le lien avec notre propre réalité.
On finit par ne voir que ce que nous ne faisons pas, que ce qui ne fonctionne pas alors que tout paraît si époustouflant pour les autres.
La métaphore de la boutique
Ce mécanisme de comparaison handicapant, je le connais bien pour l’avoir vécu. Pendant de nombreuses années j’étais prise dans ce cercle vicieux. Pour en sortir et retrouver une approche constructive, une métaphore m’a beaucoup aidée. La voici :
Imagine, tu te promènes dans une rue commerçante, une belle rue piétonne, agréable, bordée de boutiques bien tenues. Comme tu as toi-même une boutique, dans une autre ville, tu en profites pour observer, t’inspirer de ce qui se fait ailleurs.
Tu passes devant des vitrines soignées, lumineuses, bien pensées. Tout semble à sa place, les produits sont bien présentés, l’ensemble donne envie d’entrer.
Et là, presque malgré toi, la comparaison démarre : Tu penses à ta propre boutique. À ce qui reste à ranger, aux cartons encore en vrac dans l’arrière-boutique, aux choix qui ne sont pas encore tranchés, à la fatigue du moment, à la discussion tendue de la veille avec ton associé, bref, à tout ce qui est en chantier.
Et c’est précisément là le piège, parce que tu viens de comparer deux choses qui ne sont pas comparables.
Cette image aide parce qu’elle remet les choses à leur place.
Sur les réseaux sociaux, nous voyons d’abord des vitrines. Parfois honnêtes, parfois très travaillées, parfois un peu romancées. Nous voyons une mise en avant. Nous ne voyons pas l’ensemble. Nous ne voyons pas les hésitations, les angles morts, les tensions internes, les renoncements, les nuits courtes, les sujets laissés de côté. Alors, rappelons-nous lors de nos sessions de scrolling de comparer ce qui est comparable.
Rendre la comparaison utile
En partant du principe que la comparaison est un mécanisme naturel qui nous permet d’avancer et d’apprendre par observation et mimétisme. Se dire d’arrêter de se comparer n’a guère de sens. L’enjeu est d’apprendre à comparer pour apprendre et nous développer.
Alors, pour utiliser la comparaison à notre avantage et mieux apprendre de notre mode de fonctionnement, la matrice des positions de vie selon Eric Berne peut nous donner matière à réfléchir.
Elle distingue plusieurs positions possibles dans notre rapport à l’autre :
- je suis OK – tu es OK
- je ne suis pas OK – tu es OK
- je suis OK – tu n’es pas OK
Quelle que soit notre situation, la posture idéale est la première : je suis OK – tu es OK. Je me sens légitime, et je reconnais aussi la valeur de l’autre. Cette position favorise l’assertivité, la confiance et des relations équilibrées. C’est la logique du gagnant/gagnant.
Quand on se situe là, on cesse peu à peu de vivre la réussite des autres comme une preuve de notre retard. On peut s’inspirer tout en restant convaincu de notre valeur. Cette posture est exigeante, parce qu’elle demande de la maturité et un minimum de sécurité intérieure, et ça se travaille :
À chaque fois qu’une comparaison vous titille un peu, vous pouvez vous poser quelques questions simples :
- Qu’est-ce que j’observe exactement ?
- Dans quel état cette lecture ou cette interaction me met-elle ?
- Qu’est-ce que j’apprend de ça ?
- Comment comparer ce qui est comparable ?
- De quoi ai-je besoin pour revenir à une position plus juste, plus stable, plus lucide ?
La comparaison devient alors un révélateur. Elle nous parle de l’autre, bien sûr, mais aussi, et surtout, de nous. De nos fragilités du moment, de nos besoins, des endroits où notre confiance demande à être consolidée.
Dans le prochain article, nous verrons, dans la continuité, comment choisir et construire des espaces de développement qui renforcent encore la prise de recul et nos réflexions pour continuer à grandir entourés face à nos enjeux.
Retrouvez le premier épisode : Comment créer un écosystème de confiance pour renforcer votre posture d’entrepreneur par Marine Perier
A propos de l’auteur :
Marine Périer est fondatrice de Neoduo, j’accompagne les entrepreneurs depuis 15 ans. Neoduo est un organisme de formation et bilan de compétences certifié Qualiopi et co-fondatrice de Bougeuse un jour, bougeuse toujours, le mouvement de relance du réseau business 100% féminin Bouge ta Boîte
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